EN 2016
Organisation de association |
Notre organisation rodée depuis quelques années a fonctionné en 2016 comme en 2015 : 6 chantiers, les salariés ont bénéficié de contrats de 6 mois, ont été positionnés sur un chantier précis à raison de 20h par semaine et ont bénéficié d’un accompagnement à l’emploi de 6h par semaine : 1 rdv hebdomadaire de 30 à 45 minutes, 1 atelier de groupe de 3h et 2h 30’ à 2h 45’ de libres pour des démarches personnelles d’insertion contrôlées par la CIP. Si les chantiers sont sur des quartiers de Marseille différents, nos bureaux sont au 65 avenue Raimu 13014 Marseille. Dans ces locaux nous rangeons notre matériel et accueillons nos salariés pour l’accompagnement. Nous avons deux bureaux, une grande salle pour les ateliers de groupe et 5 postes informatiques à disposition des salariés.
L’équipe d’encadrement n’a pas beaucoup bougée cette année avec nos 6 encadrants techniques dont un tournant qui assurait les remplacements en cas de formation, de maladie… Un nouvel encadrant est venu en janvier 2016 rejoindre l’équipe sur Félix Pyat en remplacement d’un encadrant partant. Les CIP étaient au nombre de deux ; l’une d’entre elles a été absente près de 6 mois pour maternité a été remplacée. Le secrétariat, la comptabilité et la paye étaient assumés depuis le siège social. L’encadrement a été assuré par un chef de service, un directeur et un directeur général adjoint en charge de tous les services du pôle MISS. Cette organisation nous a permis d’accueillir 60 personnes en file active et avec les sorties anticipées 139 personnes différentes sur l’année dont 50% de personnes au RSA.
Les Chantiers |
Nous faisons sur nos chantiers d’insertion des travaux d’embellissement et d’entretien des espaces communs sur les cités : peinture, petite maçonnerie, travaux de nettoyage et d’espaces verts. Ils étaient en 2016 et ce depuis juillet 2015 au nombre de 6 avec :
- Le Clos Val Plan Bégude Nord (13°) avec 13 HABITAT commencé en novembre 2010.
- St Joseph Vieux Moulin, Renaude Hérodote et Petit Séminaire (13° et 14°) pour HMP, chantier commencé en juillet 2011.
- Picon Busserine (14°) avec LOGIREM démarrage en janvier 2014 mais qui a pris fin en fin 2016.
- Paternelle (14°) avec Marseille Habitat démarrage en janvier 2014.
- La Castellane (16°) avec plusieurs Logeurs dont Erilia commencé en novembre 2014.
- Félix Pyat (3°) avec Marseille Habitat et LOGIREM débuté en juillet 2015.
Nos rapports avec les équipes de prévention spécialisée et de Médiation.
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Nos lieux de chantiers sont des cités pour la plupart complexes dites sensibles avec beaucoup de précarité, chômage, de la délinquance quelquefois violente avec le trafic de drogue. Pour travailler en toute sérénité sur ces cités nous pouvons compter sur le savoir-faire d’anciens éducateurs de l’encadrement mais surtout sur la présence au quotidien d’équipes d’éducateurs de prévention et de médiateurs qui connaissent bien la population, les partenaires, les jeunes… et sur qui on peut compter en cas de difficulté. Grâce à cette présence nous évoluons facilement à la Castellane là ou peu se risquent d’aller ou à Félix Pyat ou la Paternelle. Les éducateurs nous envoient aussi des jeunes via la mission locale, nous co-encadrons avec eux des chantiers jeunes. Notre collaboration représente indéniablement un atout important dans ces territoires complexes et anxiogènes. Notre collaboration continue sur le co-encadrement de chantiers éducatifs ou nous mettons à disposition notre atelier, notre outillage et la présence d’un encadrant technique. Enfin les éducateurs sont quelques fois sollicités pour compléter nos binômes lors de recrutements. Cette dernière expérience est toujours très riche et leur permet de voir la complexité des recrutements, les attendus de l’IAE, la nécessité de faire des groupes homogènes et de fait comprennent mieux que les jeunes qu’ils envoient ne soient pas systématiquement retenus.
Recrutement |
Les recrutements s’opèrent en collaboration étroite avec Pôle Emploi et notre correspondant Dominique Grimaldi de l’équipe ressource insertion. 2 fois par an nous procédons à deux campagnes de recrutements. En novembre et décembre pour janvier puis en mai juin pour juillet. Pôle emploi diffuse une offre auprès des prescripteurs agréés de l’IAE pendant une dizaine de jours, 200 positionnements en moyenne ont lieu et nous accueillons à peu près 120 à 130 personnes sur 2 journées à la MFA dans le 14° avec 4 à 5 binômes constitués de nos CIP, du chef de service et du directeur de service, de Pôle Emploi et renforcés par quelques collègues éducateurs. Les personnes qui passent un entretien positif sont proposées à une commission de validation qui valide ou modifie nos choix. La liste définitive des personnes à recruter est établie avec une liste complémentaire en cas de défection et besoin de remplacement. A partir de là nous appelons les heureux élus pour qu’ils viennent dans nos locaux nous porter les documents nécessaires à l’établissement des contrats qu’ils reviennent signer quelques jours plus tard. En cas de départ avant les 6 mois de contrat nous remplaçons les postes vacants avec des personnes en liste d’attente. Les salariés sont dispatchés sur les différents chantiers en fonction de l’âge, du lieu d’habitation, des compétences, du permis de conduire, du sexe car nous essayons de construire des groupes homogènes. 50% des personnes recrutées sont bénéficiaires du RSA socle. Notons toutes fois, bien que nous l’ayons déjà maintes fois dit, que pour 2016 les RSA ont été denrée rare et qu’il nous a fallu régulièrement puiser dans les listes c’attente d’autres structures. En moyenne sur chaque recrutement nous avons près de 200 positionnements, 120 à 130 personnes se présentent seulement, il y a beaucoup de déperditions, pour 60 postes à proposer.
Formations |
Nos chantiers ne sont pas à proprement parler formateurs mais à travers notre activité nous essayons de former nos salariés aux règles en vigueur dans l’entreprise : assiduité, ponctualité, politesse, adaptation, rentabilité. Si nous pouvons en plus leur transmettre quelques gestes techniques de maçonnerie, peinture, espaces verts…ce sera un plus pour leur avenir personnel et professionnel. De plus individuellement chaque salarié est accompagné vers un projet personnel professionnel ou de formation. Pour les personnes les plus en difficultés linguistiques orales ou écrites nous les orientons vers un organisme Performance Méditerranée pour préparation et passage du CLEA. En 2016 nous avons positionné 15 personnes ; 11 ont suivi le parcours de façon assidue et 6 qui continuent en 2017. C’est un programme personnalisé qui prend en compte communication, informatique et développement des connaissances de base en rapport avec le projet professionnel de chacun. Enfin en interne nous formons nos salariés au diplôme de SST (Sauveteur Secouriste du Travail) formation de 12h dispensée sur 2 jours conclue par un examen et en cas de succès récompensée par un diplôme national de l’INRS. Nous avons dispensé en 2016, 9 sessions de formation pour nos chantiers pour 76 personnes en insertion (plus d’une personne sur 2 passe le SST), 1 CIP et 2 encadrants et 63 diplômes délivrés. Les échecs sont pour la plupart dus à une mauvaise maîtrise et compréhension du français. 1 personne a échoué 2 fois, une autre après un échec a eu son diplôme sur une autre session.
Un binôme constitué d’un encadrant et une CIP ont suivi une formation qui leur permettra d’encadrer nos salariés sur des chantiers formateurs à partir de 2018 et leur permettre d’aller jusqu’au CQP de salarié polyvalent en chantier d’insertion.
Objectifs |
Les objectifs ont été énumérés plus haut, il s’agit principalement :
- D’accompagner l’insertion sociale et professionnelle de publics éloignés de l’emploi
- D’améliorer le cadre de vie des habitants des cités dans lesquelles nous intervenons par la réalisation des travaux demandés par les logeurs.
- D’avoir un impact social fort sur ces cités par notre présence, les emplois proposés, le lien social fait, les travaux réalisés…
Résultats |
Pour l’année 2017 nous avons donc mené 6 chantiers avec 2 sessions, une du 1° janvier au 30 juin et une seconde du 1° juillet au 31 décembre. Nous avons un agrément pour 8 postes sur les chantiers du Clos Val Vlan Bégude Nord et St Joseph Renaude Petit séminaire et un agrément pour 10 postes pour les 4 autres chantiers : Paternelle, Picon Busserine, Castellane et Félix Pyat. Soit au total un agrément pour 56 postes en insertion à 26h soit 41,44 ETP. Pour effectuer ces heures malgré les absences nous avons embauché en permanence 60 personnes au lieu de 56 et fait effectuer des heures complémentaires aux salariés les plus sérieux. Nous devions effectuer 75 422,44 heures et nous en avons effectuées 75 786, 31. Soit 100,48 % d’heures effectuées.
Nous avons eu cette année 139 personnes différentes dont 69 BRSA et 15 Femmes ce qui est très encourageant car il y a encore peu nous n’avions pas voire quasiment pas de femmes. Petit à petit les prescripteurs hésitent moins à nous envoyer des femmes et nous avons de plus en plus de candidatures. Néanmoins et malgré notre bienveillance elles restent encore peu nombreuses.
Nos résultats sont en fin d’année de 65 % de sorties dynamiques dont 39% de sorties positives 13% de sorties de transition et 13% de sorties durables.
Travaux annexes |
Pour équilibrer financièrement nos budgets nous sommes de plus en plus obligés de chercher des travaux complémentaires en plus de nos chantiers. Cela nous permet donc de faire rentrer des financements complémentaires et indispensables, de nous rapprocher des 100% d’heures à faire pour lesquelles nous avons reçu un agrément et proposer aux personnes les plus méritantes de gagner un peu plus. Nous avons travaillé avec l’ONF sur Carpiagne, avec Bouygues sur Picon pour débarrasser les caves, avons co-encadré des chantiers éducatifs et depuis la fin 2016 nous entretenons les jardins et espaces sportifs de la Marie 2° et 3° arrondissements de Marseille. Nous restons vigilants sur de potentielles propositions nouvelles quand elles se présentent.
Les constantes |
Les années passent et nous faisons le constat que nous avons face à nous quelques constantes.
La difficulté d’évoluer au sein de certains quartiers de Marseille. Nous ne nous plaignons pas car c’est un peu notre marque de fabrique d’évoluer dans ces quartiers mis cela reste complexe et tendu quelques fois. Outre l’équipe de salariés à gérer l’encadrant a aussi l’environnement parfois violent à prendre en considération et en particulier le deal et la violence qui va avec. Malgré ça nous ne nous en sortons pas si mal que cela.
Les financements traditionnels de l’IAE sont de plus en plus insuffisants pour boucler nos budgets et nous obligent à aller faire les travaux annexes que nous venons d’évoquer.
Concernant les BRSA, le constat est le même que depuis 2 ou 3 ans, Il nous manque toujours des candidats BRSA et c’est de plus en plus compliqué de remplir nos équipes avec 50% de BRSA.
Notre secteur d’activité nous impose d’être sans cesse sur le qui-vive pour assurer notre volume de travail et de trouver au pied levé un chantier de remplacement quand un s’arrête au risque de devoir se séparer de personnel. Nous l’avons déjà dit, nous sommes entre le social et l’entreprise. Si nous avons un public en difficulté qui nous rapproche du social, nous avons des clients, des impératifs qui nous rapprochent du monde de l’entreprise. Nos clients les logeurs ne s’engagent pas sur le long terme mais pour la plupart sur un an renouvelable ; nous avons toujours le risque de voir un chantier s’arrêter. Notre carnet de commande doit être rempli à l’avance au risque de devoir licencier. C’est pour cela que très tôt dans l’année nous sollicitons nos clients concernant leur intention pour l’année suivante afin de rebondir au cas où. Afin de préparer l’avenir nous allons organiser une rencontre rapidement afin de voir comment nous pourrions proposer un chantier avec plusieurs logeurs sur la problématique d’enlèvement d’encombrants qui touche quasiment tous les logeurs et leur coûte énormément.
Échecs |
Si l’année 2016 a été satisfaisante, elle n’a pas été parfaite non plus, nous devons déplorer quelques échecs. La perte du chantier Picon Busserine malgré la satisfaction du logeur. Le choix de la direccte de ne pas nous retenir comme prescripteur agréé de l’IAE et un retard pris sur le réseau entreprises dû à l’absence pour maternité d’une CIP et le manque de temps. Le retard pris sur l’élaboration d’un réseau entreprise. Et enfin l’arrêt de notre initiative « Renfor ». Par deux fois nous avions organisé une rencontre entre organismes de formation et nos salariés en insertion malheureusement nous n’avons pas su fédérer autour de nous assez d’organismes de formation ; dans un second temps nous pensions pouvoir voir plus grand pour que ce soit efficace mais cela demande beaucoup de temps et de moyens, ce n’est pas dans nos attributions. Nous pensions alors pouvoir faire porter cela par Réseau Chantier Ecole mais ils n’ont pas les moyens non plus.
Axe d’amélioration |
On peut toujours mieux faire sur nombre de domaines mais s’il en est un à mettre en exergue c’est notre besoin de nous renforcer sur l’accompagnement. En effet avec 2 CIP pour une file active de 60 salariés plus une dizaine d’anciens qui repassent régulièrement, nous avons été surchargés. Les financeurs de l’IAE Direccte et Département mais aussi Pôle Emploi nous le disent : il faut impérativement nous renforcer sur ce point d’autant plus qu’après plusieurs mois d’absence pour maternité une de nos CIP a repris en fin d’année à 80%. Nous avions donc pour objectif d’embaucher une jeune femme en contrat de professionnalisation qui pallierait les 20% d’absence de CIP et renforcerait l’équipe tout en jouant le jeu de la formation. Depuis des années l’ADDAP se veut être entreprise apprenante, l’AIIEAS- GROUPE ADDAP 13 pourrait l’être aussi. Ce renfort nous permettrait de travailler au développement d’un réseau d’entreprises qui nous fait défaut et travailler la question de la formation.
Perspectives 2017 |
Maintes fois évoqué en 2016, le projet de restaurant à Frais Vallon suit son chemin. Nous espérons que ce dernier verra le jour en septembre. Il s’agirait de la réouverture de la brasserie du Nautile sous forme d’entreprise d’insertion. HMP, propriétaire des murs nous a en effet sollicités, nous avançons ensemble depuis plusieurs mois maintenant. Pour débuter il va falloir faire coïncider l’obtention des subventions demandées pour la cuisine, l’ameublement et des 4 postes en insertion demandés. La difficulté sera principalement dans la gestion du site complexe, de communication auprès du partenariat afin de se prémunir de tout braquage.
Nous sommes depuis janvier sur l’expérimentation d’un nouveau mode d’encadrement. Jusqu’en décembre nous avions 1 encadrant roulant et 5 encadrants qui portaient 6 chantiers. Le chantier du Clos était partagé entre 2 encadrants. Depuis janvier chaque encadrant a la responsabilité d’un chantier. 3 chantiers ont lieu en matinée et 3 en après-midi. 2 encadrants ont comme mission les travaux de nettoyage des espaces verts et sportifs de la Mairie de Marseille des 2° et 3° arrondissements. Les autres encadrants sont sur les travaux annexes (Septèmes…) et sont potentiellement remplaçants de leurs collègues absents. Nous n’avons plus aucun chantier en double responsabilité.
Nous avons comme gros travail en parallèle de nos chantiers et ce avec notre directeur d’association et notre bureau l’organisation interne administrative de notre nouvelle association. Il faut que cette nouvelle indépendance nous apporte des facilités et nous permette plus de réactivité. C’est un travail qui va prendre plusieurs mois et qui nous l’espérons va porter ses fruits.